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Poèmes et Citations

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Le chateau des pauvres - extrait 2

14 Avril 2017 , Rédigé par Zahia Publié dans #Poésie Française, #Paul Eluard, #chataeu des pauvre extrait2

 

Bonjour tristesse Paul Eluard

Je t'aime je t'adore toi

Par-dessus la ligne des toits

Aux confins des vallées fertiles

Au seuil des rires et des îles

Où nul ne se noie ni ne brûle

Dans la foule future où nul

Ne peut éteindre son plaisir

La nuit protège le désir

L'horizon s'offre à la sagesse

Le coeur aux jeux de la jeunesse

Tout monte rien ne se retire

 

L'univers de fleurs violentes

Protège l'herbe la plus tendre

Je peux t'enclore entre mes bras

Pour me délivrer du passé

Je peux être agité tranquille

Sans rien déranger de ton rêve

Tu me veux simplement heureux

Et nous serons la porte ouverte

A la rosée au grand soleil

Et je t'entraîne dans ma fièvre

Jusqu'au jour le plus généreux

 

Il n'y a pas glaces qui tiennent

Devant la foudre et l'incendie

Devant les épis enflammés

D'un vrai baiser qui dit je t'aime

Graine absorbée par le sillon

Il n'y aura pas de problèmes

Minuscules si nous voyons

Ensemble l'aube à l'horizon

Comme un tremplin pour dépasser

Tout ce que nous avons été

Quand le crépuscule régnait

 

Toi la plus désespérées

Des esclaves dénuées

Toi qui venais de jamais

Sur une route déserte

Moi qui venais de très loin

Par mille sentiers croisés

Où l'homme ignore son bien

Innocent je t'ai fait boire

L'eau pure du miroir

Où je m'étais perdu

Minute par minute

 

Ce fut à qui donna

A l'autre l'illusion

D'avoir un peu vécu

Et de vouloir durer

 

Ainsi nous demeurâmes

Dans le Château des pauvres

Au loin le paysage

S'aggravait d'inconnu

Et notre but notre salut

Se couvrait de nuages

Comme au jour du déluge

 

Paul Eluard

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Le château des pauvres - extrait 1

14 Avril 2017 , Rédigé par Zahia Publié dans #Poésie Française, #Paul Eluard, #Le chateau des pauvres extrait1

 

Bonjour tristesse Paul Eluard

Venant de très bas, de très loin,

nous arrivons au-delà.

Une longue chaîne d'amants

Sortit de la prison dont on prend l'habitude

 

Sur leur amour ils avaient tous juré

D'aller ensemble en se tenant la main

Ils étaient décidés à ne jamais céder

Un seul maillon de leur fraternité

 

La misère rampait encore sur les murs

La mort osait encore se montrer

Il n'y avait encore aucune loi parfaite

Aucun lien admirable

S'aimer était profane

S'unir était suspect

 

Ils voulaient s'enivrer d'eux-mêmes

Leurs yeux voulaient faire le miel

Leur coeur voulait couver le ciel

Ils aimaient l'eau par les chaleurs

Ils étaient nés pour adorer le feu l'hiver

 

Ils avaient trop longtemps vécu contradictoires

Dans le chaos de l'esclavage

Rongeant leur frein lourds de fatigue et de méfaits

Ils se heurtaient entre eux étouffant les plus faibles

 

Quand ils criaient au secours

Ils se croyaient punissables ou fous

Leur drame était le repoussoir

De la félicité des maîtres

 

Que des baisers désespérés les menottes aux lèvres

Sous le soleil fécond que de retours à rien

Que de vaincus par le trop-plein de leur candeur

Empoignant un poignard pour prouver leur vertu

 

Ils étaient couronnés de leurs nerfs détraqués

On entendait hurler merci

Merci pour la faim et la soif

Merci pour le désastre et pour la mort bénie

Merci pour l'injustice

Mais qu'en attendez-vous et l'écho répondait

 

Nous nous délecterons de la monotonie

Nous nous embellirons de vêtements de deuil

Nous allons vivre un jour de plus

Nous les rapaces nous les rongeurs de ténèbres

Notre aveugle appétit s'exalte dans la boue

On ne verra le ciel que sur notre tombeau

 

Il y avait bien loin de ce Château des pauvres

Noir de crasse et de sang

Aux révoltes prévues aux récoltes possibles

Mais l'amour a toujours des marges si sensibles

Que les forces d'espoir s'y sont réfugiées

Pour mieux se libérer

 

Paul Eluard

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Ma morte vivante

12 Avril 2017 , Rédigé par Zahia Publié dans #Poésie Française, #Paul Eluard, #Ma morte vivante

 

Bonjour tristesse Paul Eluard

Dans mon chagrin rien n'est en mouvement

J'attends personne ne viendra

Ni de jour ni de nuit

Ni jamais plus de ce qui fut moi-même

 

Mes yeux se sont séparés de tes yeux

Ils perdent leur confiance ils perdent leur lumière

Ma bouche s'est séparée de ta bouche

Ma bouche s'est séparée du plaisir

Et du sens de l'amour et du sens de la vie

Mes mains se sont séparées de tes mains

Mes mains laissent tout échapper

Mes pieds se sont séparés de tes pieds

Ils n'avanceront plus il n'y a plus de routes

Ils ne connaîtront plus mon poids ni le repos

 

Il m'est donné de voir ma vie finir

Avec la tienne

Ma vie en ton pouvoir

Que j'ai crue infinie

 

Et l'avenir mon seul espoir c'est mon tombeau

Pareil au tien cerné d'un monde indifférent

J'étais si près de toi que j'ai froid près des autres.

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