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Poèmes et Citations

Paul Verlaine

Rédigé par Zahia Publié dans #Poésie Française, #Paull Verlaine

 

    Hier, on parlait de choses et d'autres     

 

Hier, on parlait de choses et d'autres,

Et mes yeux allaient recherchant les vôtres ;

Et votre regard recherchait le mien

Tandis que courait toujours l'entretien.

Sous le banal des phrases pesées

Mon amour errait après vos pensées ;

Et quand vous parliez, à dessein distrait,

Je prêtait l'oreille à votre secret :

Car la voix, ainsi que les yeux de Celle

Qui vous fait joyeux et triste, décèle,

Malgré tout effort morose ou rieur,

Et met au plein jour l'être intérieur.

Or, hier je suis parti plein d'ivresse :

Est-ce un espoir vain que mon coeur caresse,

Un vain espoir, faux et doux compagnon ?

Oh ! non ! n'est-ce pas ? n'est-ce pas que non ?

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Je suis venu, calme orphelin

Gaspard Hauser chante :

Je suis venu, calme orphelin,

Riche de mes seuls yeux tranquilles,

Vers les hommes des grandes villes

Ils ne m'ont pas trouvé malin.

A vingt ans un trouble nouveau

Sous le nom d'amoureuses flammes

M'a fait trouver belles les femmes :

Elles ne m'ont pas trouvé beau.

Bien que sans patrie et sans roi

Et très brave ne l'étant guère,

J'ai voulu mourir à la guerre :

La mort n'a pas voulu de moi.

Suis-je né trop tôt ou trop tard ?

Qu'est-ce que je fais en ce monde ?

O vous tous, ma peine est profonde :

Priez pour le pauvre Gaspard !

 

J'allais par des chemin perfides

J’allais par des chemins perfides,
Douloureusement incertain.
Vos chères mains furent mes guides.

Si pâle à l’horizon lointain
Luisait un faible espoir d’aurore ;
Votre regard fut le matin.

Nul bruit, sinon son pas sonore,
N’encourageait le voyageur.
Votre voix me dit :  » Marche encore !  »

Mon coeur craintif, mon sombre coeur
Pleurait, seul, sur la triste voie ;
L’amour, délicieux vainqueur,

Nous a réunis dans la joie.

A Clymène

 Mystiques barcarolles,

Romances sans paroles,

Chère, puisque tes yeux,

Couleur des cieux,

 Puisque ta voix, étrange

Vision qui dérange

Et trouble l'horizon

De ma raison,

Puisque l'arôme insigne

De ta pâleur de cygne

Et puisque la candeur

De ton odeur,

Ah ! puisque tout ton être,

Musique qui pénètre,

Nimbes d'anges défunts,

Tons et parfums,

 A, sur d'almes cadences

En ses correspondances

Induit mon coeur subtil,

Ainsi soit-il !

 

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